Dans cet article
- Actualisation fiscale (2025-2026)
- Qu’est-ce que le micro-foncier ?
- Conditions : plafond, foyer fiscal, location nue
- Exclusions et incompatibilités
- Calcul de l’impôt : abattement 30 % et prélèvements sociaux
- Déclaration : 2042 et absence d’annexe 2044
- Micro-foncier ou régime réel : arbitrage
- SCI, indivision et micro-foncier
- Voici les étapes pour sécuriser sa situation
- En résumé
- Fabrice Collet et accompagnement
- Foire aux questions
Vous louez un bien nu (hors location meublée de tourisme classée sous conditions spécifiques) et vos loyers bruts annuels restent modérés : le régime micro-foncier permet d’imposer vos revenus fonciers sans comptabiliser charge par charge, grâce à un abattement forfaitaire de 30 % sur les encaissements. Le problème ? Ce régime est soumis à un plafond de recettes ; il est incompatible avec certains dispositifs fiscaux spéciaux ; il exclut la déduction des charges réelles et donc la constitution d’un déficit foncier imputable sur le revenu global. Dès que vos loyers dépassent le seuil ou que vos charges deviennent élevées (travaux, assurance, coût du crédit), le régime réel peut devenir plus pertinent, au prix d’obligations déclaratives et d’une option souvent engageante dans le temps.
Ce guide présente le micro-foncier tel qu’il résulte du Code général des impôts (notamment l’article 32 pour le régime de droit commun des petits revenus fonciers), complété par la doctrine BOFiP sur les revenus fonciers (détermination du résultat foncier, déficit foncier). Les montants et plafonds doivent être vérifiés chaque année sur impots.gouv.fr et dans la notice de la déclaration de revenus. L’investissement locatif comporte des risques (vacance, impayés, travaux) : ce contenu est pédagogique et ne remplace pas un conseil sur mesure.
Sommaire
- Actualisation fiscale (2025-2026)
- Qu’est-ce que le micro-foncier ?
- Conditions : plafond, foyer fiscal, location nue
- Exclusions et incompatibilités
- Calcul de l’impôt : abattement 30 % et prélèvements sociaux
- Déclaration : 2042 et absence d’annexe 2044
- Micro-foncier ou régime réel : arbitrage
- SCI, indivision et micro-foncier
- Voici les étapes pour sécuriser sa situation
- En résumé
- Fabrice Collet et accompagnement
- Foire aux questions
Actualisation fiscale (2025-2026)
Recherche et sources : cette page intègre une veille 2025-2026 sur le régime micro-foncier à l’impôt sur le revenu. Les lois de finances peuvent modifier les seuils, les taux d’abattement ou les règles d’option pour le régime réel : contrôlez les textes en vigueur sur legifrance.gouv.fr et les fiches impots.gouv.fr pour l’année d’imposition concernée. La doctrine BOI-RFPI-BASE-30 et les sous-parties du RFPI (revenus fonciers) détaillent le passage du micro au réel et le traitement des déficits.
À retenir : tant que la loi de finances en vigueur maintient le micro-foncier tel qu’il est structuré à l’article 32 du CGI, l’abattement usuel reste de 30 % sur les loyers bruts dans la limite du plafond de recettes. Les projets parlementaires visant à relever ce pourcentage ou à indexer différemment le plafond doivent être vérifiés au Journal officiel au moment de votre déclaration.
Qu’est-ce que le micro-foncier ?
Le micro-foncier est un régime forfaitaire d’imposition des revenus fonciers prévu au CGI (notamment l’article 32 pour les petits revenus fonciers, dans la limite du plafond de recettes fixé par le même texte). En pratique, il permet d’établir un revenu net imposable égal aux loyers et autres revenus fonciers bruts encaissés, diminués d’un abattement de 30 % censé couvrir l’ensemble des charges ordinaires, sans justificatif de dépenses.
Exemple simplifié : vous percevez 12 000 € de loyers bruts annuels pour un studio en location nue, sans autre revenu foncier au même titre. Le revenu net foncier imposable au titre du micro-foncier est de 12 000 € × 70 % = 8 400 €. Vous ne déduisez pas séparément la taxe foncière, l’assurance propriétaire non occupant ou les réparations : le forfait de 30 % est censé les intégrer.
Intérêt : simplicité, absence d’obligation de joindre l’annexe 2044 lorsque la situation reste éligible au seul cadre du micro-foncier. Limite : vous ne déduisez pas les intérêts d’emprunt, les travaux ou les taxes foncières au réel : le forfait de 30 % est unique.
Conditions : plafond, foyer fiscal, location nue
Plafond de recettes : le régime s’applique lorsque le total des recettes au titre des revenus fonciers soumis au régime de droit commun n’excède pas le seuil légal fixé par l’article 32 du CGI (historiquement 15 000 € par an pour l’ensemble des biens concernés, montant à confirmer pour l’année civile considérée dans le texte en vigueur). Ce total s’apprécie au niveau du foyer fiscal : il s’agit des loyers bruts encaissés par tous les membres du foyer pour les locations éligibles.
Location nue : le micro-foncier vise la location non meublée (revenus fonciers au sens général). La location meublée relève en principe des bénéfices industriels et commerciaux (BIC) et du micro-BIC ou du régime réel selon les règles propres aux meublés, pas du micro-foncier. Ne confondez pas les régimes : voir notre comparatif SCPI vs LMNP pour les logiques fiscale et patrimoniale.
Recettes brutes : le plafond se calcule sur les encaissements et revenus fonciers bruts dans les conditions du CGI (loyers, charges locatives refacturées au locataire si elles entrent dans l’assiette des revenus fonciers, selon les règles de qualification).
Dépassement du plafond
Lorsque le total des recettes dépasse le seuil légal, vous ne pouvez plus relever du micro-foncier pour ces revenus : vous basculez en principe vers le régime réel sous réserve des formalités et des délais prévus par le CGI (première année de dépassement, obligations de déclaration sur l’annexe 2044, etc.). Un dépassement ponctuel ou une hausse durable des loyers peut donc modifier votre régime fiscal pour les années suivantes : anticipez l’impact avant d’augmenter un loyer ou d’acquérir un second bien locatif nu.
Location meublée, sous-location et colocation
Le statut du bail (nu, meublé longue durée, meublé de tourisme) détermine la catégorie de revenus. Une colocation en plusieurs baux nus peut concentrer plusieurs revenus dans le même plafond fiscal du foyer. Pour les situations hybrides ou les montages complexes (société de location, conciergerie), faites valider la qualification par un professionnel.
Exclusions et incompatibilités
Le micro-foncier n’est pas ouvert si l’un des biens entre dans le champ d’un dispositif ou d’un régime fiscal spécifique qui exclut le forfait. Les exemples classiques cités par la doctrine et les manuels fiscaux incluent notamment certains dispositifs de défiscalisation immobilière (historiques ou actuels selon les périodes), les monuments historiques, certaines locations Pinel ou dispositifs « anciens » (Besson, Robien, Périssol, etc.) lorsque le texte impose le régime réel ou une comptabilité spécifique. La liste exacte dépend des articles du CGI applicables à chaque investissement.
À retenir : avant d’acheter un bien « défiscalisant », vérifiez si le régime fiscal du dispositif est compatible avec le micro-foncier ou impose le réel. L’article dispositifs de défiscalisation en France présente une vue d’ensemble des dispositifs courants, sans se substituer à l’analyse du dossier du bien.
Calcul de l’impôt : abattement 30 % et prélèvements sociaux
Impôt sur le revenu : le revenu net foncier imposable au titre du micro-foncier est égal à 70 % des loyers bruts (100 % − 30 % d’abattement). Ce revenu net s’intègre à votre revenu global et est soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu, sauf option pour le prélèvement forfaitaire unique (PFU) lorsque les conditions d’option globale sont remplies pour l’ensemble de vos revenus du patrimoine concernés (voir la notice d’imposition).
Prélèvements sociaux : les revenus fonciers nets soumis à l’IR supportent en principe les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine au taux en vigueur (souvent 17,2 % pour cette composante, sous réserve des textes annuels et des cas d’exonération ou d’abattement spécifiques). Vérifiez le montant applicable sur impots.gouv.fr pour l’année d’imposition.
IFI : le micro-foncier ne modifie pas les règles de l’impôt sur la fortune immobilière : si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse le seuil légal, l’IFI peut s’ajouter à l’IR sur le revenu net foncier. Le calcul de l’IFI repose sur la valeur vénale des biens et des abattements propres, indépendamment du choix micro ou réel pour le revenu locatif.
Pas de déficit foncier : le micro-foncier ne permet pas de constater un déficit lorsque vos charges dépassent vos loyers. Pour ce mécanisme, il faut le régime réel, sous conditions (voir déficit foncier : conditions et plafonds).
Déclaration : 2042 et absence d’annexe 2044
Lorsque vous êtes intégralement au micro-foncier, vous déclarez en principe vos recettes brutes dans les cases prévues sur la déclaration 2042 (revenus fonciers), sans produire l’annexe 2044 détaillant charges et travaux. Si vous optez pour le régime réel ou si vous mixez plusieurs statuts, la 2044 (ou la déclaration spécifique pour les sociétés transparentes) peut être nécessaire.
Les contribuables relevant du régime réel doivent tenir compte des délais de première option, de renonciation au micro-foncier et d’irrévocabilité de l’option au réel selon les périodes d’imposition : ces règles sont détaillées dans le BOFiP et la notice impots.gouv.fr. Une erreur de régime peut entraîner un redressement : en cas de doute, faites valider votre dossier par un professionnel.
Micro-foncier ou régime réel : arbitrage
Préférez le micro-foncier lorsque vos charges réelles (hors intérêts lourds) sont probablement inférieures à 30 % des loyers bruts : le forfait vous avantage alors par rapport à une déduction au réel.
Préférez le régime réel lorsque vous avez des travaux de réparation et d’entretien importants, des intérêts d’emprunt élevés, une vacance locative prolongée ou des charges déductibles supérieures au forfait de 30 % : le résultat foncier calculé au réel peut être nettement inférieur au net micro-foncier, voire déficitaire, avec des règles d’imputation spécifiques pour le déficit.
L’option pour le réel est souvent globale pour l’ensemble des biens soumis aux revenus fonciers « ordinaires » : accepter le réel pour un bien peut vous faire sortir du micro pour les autres. Les délais et la durée minimale d’application du réel après option doivent être vérifiés dans le CGI et le BOFiP de l’année. Pour une analyse patrimoniale intégrant fiscalité et cash-flow, la planification fiscale permet d’ordonner dans le temps travaux, emprunt et imposition.
SCI, indivision et micro-foncier
Une SCI soumise à l’impôt sur le revenu (transparence fiscale) et donnant des biens en location nue peut être concernée par le micro-foncier ou le réel selon les mêmes principes, avec des obligations déclaratives au niveau des associés. Pour les modalités de société et le choix IR / IS, voir notre article sur la SCI imposée à l’IR ou à l’IS.
L’indivision entre coindivisaires déclare les revenus selon les quotes-parts : le plafond du micro-foncier s’apprécie au niveau du foyer fiscal de chaque indivisaire, dans les conditions du CGI. Pour les aspects civils et la sortie d’indivision, voir aussi notre page sur l’indivision immobilière : sortie de parts.
Pour une vision d’ensemble des stratégies locatives et de rendement, l’immobilier rentable en France et l’allocation d’actifs aident à situer le locatif nu dans un portefeuille diversifié.
Voici les étapes pour sécuriser sa situation
- Recenser tous les loyers bruts annuels du foyer et la nature de chaque bail (nu, meublé, saisonnier).
- Vérifier le seuil légal du micro-foncier pour l’année et l’éligibilité de chaque bien (dispositifs spéciaux).
- Estimer vos charges réelles et comparer avec l’abattement de 30 %.
- Choisir micro ou réel selon le résultat net probable et les obligations (2044, conservation des factures).
- Anticiper les prélèvements sociaux et, le cas échéant, l’IFI si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse le seuil.
- Documenter tout changement de régime et les dates d’option.
En résumé
- Le micro-foncier est un forfait de 30 % sur les loyers bruts, dans la limite d’un plafond de recettes défini par le CGI (référence courante : 15 000 € par an pour le foyer, hors texte modificateur).
- Il est réservé aux revenus fonciers de location nue dans le cadre du droit commun, hors nombreux dispositifs spéciaux.
- Il exclut la déduction des charges réelles et le déficit foncier : pour cela, le régime réel sous conditions.
- L’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux s’appliquent au net issu du forfait.
- La veille 2025-2026 impose de relire le CGI et le BOFiP à chaque déclaration.
Fabrice Collet et accompagnement
Choisir entre micro-foncier et régime réel, coordonner un emprunt, des travaux et d’autres revenus, ou structurer un bien en SCI, relève d’une analyse patrimoniale globale. Fabrice Collet accompagne des investisseurs qui souhaitent aligner fiscalité, trésorerie et objectifs de long terme, dans le cadre d’une gestion de patrimoine avec Le Patrimoine Bleu.
Un premier rendez-vous permet d’explorer votre situation. Vous pouvez le réserver via Calendly (rendez-vous payant, 100 €) : Prendre rendez-vous avec Fabrice Collet. En savoir plus : Qui est Le Patrimoine Bleu ?
Les informations ci-dessus sont données à titre éducatif. Elles ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé.
Foire aux questions
Le plafond de 15 000 € concerne-t-il un bien ou l’ensemble du foyer ?
Le seuil s’apprécie en principe sur le total des recettes foncières brutes du foyer fiscal pour les locations éligibles au régime de droit commun, comme l’indiquent les commentaires usuels de l’article 32 du CGI (vérifiez le montant exact en vigueur pour votre année).
La location meublée peut-elle être au micro-foncier ?
Non : la location meublée relève en principe des BIC (micro-BIC ou réel selon les seuils), pas des revenus fonciers micro-foncier.
Puis-je déduire les intérêts d’emprunt en micro-foncier ?
Non : l’abattement de 30 % est forfaitaire et remplace la déduction des charges détaillées. Pour déduire les intérêts, il faut en principe le régime réel.
Le micro-foncier permet-il un déficit foncier ?
Non. Voir notre article sur le déficit foncier et le passage au réel.
Dois-je remplir la 2044 si je suis au micro-foncier ?
En principe non si vous êtes intégralement éligible et déclarez uniquement les montants bruts sur la 2042. Si vous optez pour le réel ou avez plusieurs catégories de revenus, la 2044 peut être requise.
Un bien Pinel est-il compatible avec le micro-foncier ?
Les investissements sous dispositifs fiscaux spécifiques sont en principe exclus du micro-foncier : le régime réel ou des règles propres au dispositif s’appliquent. Vérifiez le CGI applicable à votre promesse de bail.
Comment défiscaliser d’autres revenus que le foncier ?
Les leviers (PER, dispositifs ciblés, etc.) dépendent de votre situation : voir défiscaliser revenus et foncier pour une introduction.
Le micro-foncier s’applique-t-il aux loyers d’un parking ou d’un garage ?
Les accessoires loués avec un logement ou séparément peuvent générer des revenus fonciers dans la même assiette selon les faits : si ces loyers entrent dans vos revenus fonciers et non en BIC, ils comptent pour le plafond du micro-foncier. En cas d’activité de gestion rapprochée d’une activité commerciale, la qualification peut diverger : faites préciser le régime par votre conseiller.
La réussite en finance n’est pas un hasard.
Mais un ensemble de BONNES décisions, qui cumulé, vous aiderons à avoir un patrimoine bleu.
Mathieu Caradec
Conseiller en Gestion de Patrimoine
