Compte-titres ordinaire et fiscalité : PFU, barème et déclaration en 2026

Mis à jour le 26 mars 2026 par Mathieu Caradec

Vous détenez des actions, des obligations ou des fonds en compte-titres ordinaire et vous voulez comprendre ce qui sera prélevé sur vos dividendes ou vos plus-values. Le problème ? Les règles du prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé « flat tax », ont évolué au 1er janvier 2026. Sans distinction claire entre revenus 2025 et 2026, on mélange taux, options de déclaration et rôle du compte-titres par rapport au PEA ou à l’assurance-vie.

Ce guide vous explique la fiscalité du compte-titres ordinaire : définition, PFU et sa composition, option pour le barème progressif, traitement des plus-values et des dividendes, obligations déclaratives et comparaison avec d’autres enveloppes. Il intègre une veille fiscale 2025-2026 et renvoie aux service-public.gouv.fr, impots.gouv.fr et economie.gouv.fr pour les principes généraux. Les investissements en valeurs mobilières comportent un risque de perte en capital : ne placez pas l’argent dont vous avez besoin à court terme et diversifiez votre épargne.

Sommaire

  1. Actualisation fiscale (2025-2026)
  2. Compte-titres ordinaire : définition et rôle
  3. PFU (flat tax) : taux et évolution 2026
  4. Option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu
  5. Plus-values, moins-values et déficits
  6. Dividendes, intérêts et prélèvements à la source
  7. Déclaration et case 2OP
  8. Compte-titres, PEA et assurance-vie : comparatif fiscal
  9. Articuler compte-titres et stratégie patrimoniale
  10. En résumé
  11. Fabrice Collet et accompagnement
  12. Foire aux questions

Actualisation fiscale (2025-2026)

Recherche et sources : cette page a été structurée à partir d’une veille 2025-2026 sur le régime des revenus de capitaux mobiliers et le PFU. Les éléments chiffrés sur l’évolution du taux global en 2026 s’appuient notamment sur la communication officielle du service public (fiche d’actualité du 10 février 2026 relative au PFU, entreprendre.service-public.gouv.fr) et sur les principes décrits par economie.gouv.fr et service-public.gouv.fr pour les revenus d’épargne et de placement. Le site des impôts reste la référence pour les modalités de déclaration et le simulateur. Chaque situation est unique : cet article est pédagogique et ne remplace pas un conseil personnalisé.

À retenir pour la suite : jusqu’en 2025, le PFU était couramment présenté comme un prélèvement global de 30 % (impôt sur le revenu et prélèvements sociaux). Depuis le 1er janvier 2026, le taux global du PFU est porté à 31,4 %, avec une part de prélèvements sociaux portée à 18,6 % et 12,8 % d’impôt sur le revenu, en lien avec l’évolution de la CSG (source : Service Public Entreprendre, article L. 136-8 du Code de la sécurité sociale sur Legifrance). L’imposition effective dépend de l’année d’imposition des revenus et de vos choix optionnels (PFU ou barème).

Compte-titres ordinaire : définition et rôle

Le compte-titres ordinaire (souvent abrégé CTO) est un compte d’investissement en valeurs mobilières ouvert auprès d’un établissement habilité (banque, courtier). Il permet d’acheter et de vendre des titres (actions, obligations, certificats, parts de fonds selon l’offre), de percevoir dividendes et coupons, et de suivre votre patrimoine financier en dehors des enveloppes fiscalement spécifiques.

Contrairement au Plan d’épargne en actions (PEA), le compte-titres ordinaire n’offre pas d’exonération d’impôt sur le revenu sur les plus-values après une durée de détention : chaque gain réalisé ou revenu distribué est, en principe, soumis aux règles du PFU ou du barème selon vos options et catégories de revenus. C’est précisément ce qui le rend central pour la fiscalité des placements boursiers lorsque vous ne souhaitez pas ou ne pouvez pas utiliser un PEA (plafond, titres non éligibles, stratégie diversifiée).

Le compte-titres sert souvent à :

  • détenir des titres non éligibles au PEA (hors Union européenne selon les règles du PEA, certains instruments) ;
  • réaliser des opérations fréquentes ou des arbitrages sans contrainte de retrait propre au PEA ;
  • compléter une stratégie déjà structurée via assurance-vie ou PEA, par exemple pour une partie « taxable » volontairement gérée.

Pour une vue d’ensemble des supports et enveloppes, voir notre guide sur les placements financiers en France. Pour les leviers d’optimisation globale (PEA, assurance-vie, CTO), notre article sur l’optimisation fiscale des rendements complète cette lecture.

PFU (flat tax) : taux et évolution 2026

Principe

Le prélèvement forfaitaire unique s’applique par défaut à plusieurs catégories de revenus du patrimoine, dont une partie des produits de placements : dividendes, intérêts, plus-values sur cession de valeurs mobilières, dans les conditions prévues par la loi. Il regroupe une composante impôt sur le revenu et une composante prélèvements sociaux. Le détail des revenus concernés est exposé sur economie.gouv.fr et service-public.gouv.fr.

Taux : 30 % (revenus antérieurs à 2026) et 31,4 % à partir du 1er janvier 2026

Pour une lecture claire des recherches 2025-2026 :

  • Période jusqu’au 31 décembre 2025 : le PFU est fréquemment cité à 30 % au total, avec une répartition usuelle de 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux sur les revenus concernés (présentation usuelle des fiches grand public et simulateurs pour les revenus d’épargne).
  • À compter du 1er janvier 2026 : selon l’actualité publiée par le Service Public Entreprendre, le taux global du PFU est fixé à 31,4 %, avec 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, en lien avec une évolution de la CSG (fiche A18796, février 2026).

Conseil : lorsque vous analysez un revenu précis (ex. dividendes versés en 2026 à imposer en 2027), vérifiez la notice de votre déclaration et les barèmes de l’année correspondante sur impots.gouv.fr.

Option pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu

Vous n’êtes pas obligé de rester au PFU pour l’ensemble de vos revenus passibles : la loi permet d’opter pour le barème progressif de l’impôt sur le revenu pour ces revenus, avec des règles d’ensemble à respecter (option globale pour la catégorie concernée, selon les modalités de la déclaration). Les administrations rappellent que cette option peut être avantageuse si vous êtes non imposable ou imposé à une tranche marginale faible (par exemple 11 %), car le PFU forfaitaire peut alors être moins favorable que le barème. Source : synthèse sur l’évolution du PFU et guides service-public.gouv.fr.

L’option au barème peut permettre, selon les cas :

  • l’abattement de 40 % sur certains dividendes (régime des dividendes au barème, dans les conditions de droit commun) ;
  • la déductibilité de frais et charges dans les limites prévues ;
  • une imposition alignée sur votre taux marginal plutôt que sur le forfait.

Le bon choix dépend de votre revenu fiscal de référence, de votre foyer, des crédits d’impôt et des autres revenus. Une simulation sur le site des impôts ou un accompagnement professionnel est souvent nécessaire. Pour une mise en perspective avec d’autres leviers, voir aussi notre page sur la planification fiscale.

Plus-values, moins-values et déficits

Sur compte-titres ordinaire, la vente d’un titre à un prix supérieur au prix d’acquisition génère en principe une plus-value mobilière, imposable dans le cadre du PFU (ou du barème si option), sous réserve des règles de calcul du coût d’acquisition et des frais.

Les moins-values sur cessions de titres peuvent, dans les conditions prévues par le CGI, être imputées sur les plus-values de même nature sur une même année, ce qui réduit l’assiette imposable. Un déficit non épuisé peut, sous conditions et dans certaines limites, être reporté sur les années suivantes sur les plus-values de même catégorie (mécanisme de report du déficit en capital sur dix ans pour les titres relevant du même régime, selon les règles en vigueur : vérifiez les seuils et catégories sur la notice impots.gouv.fr et le Code général des impôts).

À retenir : la tenue de relevés et l’historique d’achat (prix, droits, frais) sont essentiels pour justifier le calcul. Les établissements financiers fournissent souvent des relevés fiscalisables, mais la responsabilité de la déclaration reste celle du contribuable.

Dividendes, intérêts et prélèvements à la source

Les dividendes versés sur un compte-titres ordinaire constituent des revenus distribués du patrimoine mobiliers. Ils peuvent faire l’objet de prélèvements à la source ou d’acomptes lors du versement (prélèvement forfaitaire non libératoire, etc., selon les cas et le résident fiscal). La réglementation détaillée figure sur impots.gouv.fr (fiches sur les dividendes et le prélèvement forfaitaire unique).

Les intérêts d’obligations ou produits assimilés versés sur le compte suivent le même socle de raisonnement : imposition dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, PFU ou barème selon l’option retenue pour l’ensemble des revenus concernés.

Si vous recevez des revenus de sources étrangères, des règles de conventions fiscales et de crédit d’impôt peuvent s’appliquer : la complexité augmente, et la déclaration doit être cohérente avec votre résidence fiscale en France.

Déclaration et case 2OP

Les revenus et plus-values de compte-titres sont en général déclarés dans le cadre de la déclaration annuelle de revenus (formulaire 2042 et annexes selon les cas). L’administration précise les cases à cocher pour opter pour l’imposition au barème plutôt que pour le PFU : la case 2OP est couramment citée dans les notices pour cette option globale sur les revenus passibles du PFU (vérifiez la notice de l’année : les numéros de cases peuvent évoluer).

Les investisseurs doivent également distinguer :

  • ce qui est déjà prélevé à la source ou en compte ;
  • ce qui doit être régularisé à la déclaration ;
  • les éventuels ajustements liés au foyer (couple, parts, enfants à charge).

Pour le détail des obligations, les fiches officielles « impôt sur le revenu : revenus d’épargne » sur service-public.gouv.fr et les simulateurs impots.gouv.fr font autorité.

Compte-titres, PEA et assurance-vie : comparatif fiscal

Le tableau suivant résume une lecture à date des recherches 2025-2026 (les avantages du PEA et de l’assurance-vie dépendent de la durée, des supports et des cas de sortie : il s’agit d’une synthèse pédagogique, pas d’un calcul personnalisé).

CritèreCompte-titres ordinairePEA (après conditions de détention)Assurance-vie (selon ancienneté et sortie)
Impôt sur le revenu sur les plus-values titres éligiblesEn principe oui (PFU ou barème)Exonération possible après 5 ans pour les plus-values sur titres éligibles (règles PEA)Régime propre aux contrats : souvent imposition des gains au PFU ou barème selon parts de gains et ancienneté ; primes souvent traitées à part
Plafond de versementPas de plafond légal du compte lui-mêmePlafond légal du PEA (montant fixé par la loi)Pas de plafond global de versement sur le principe, contraintes produit
Flexibilité des supportsLarge (selon l’offre du courtier)Limitée aux titres éligibles au PEAUnités de compte et fonds selon contrat
Rôle patrimonial typiqueInvestissement taxable, titres non PEA, stratégie complémentaireActions européennes long terme avec enveloppe favorableLong terme, transmission, diversification

Pour la fiscalité de l’assurance-vie (rachats, succession), voir notre guide sur la fiscalité de l’assurance-vie en France. Pour le PEA-PME et les titres de PME, notre article PEA-PME : investir dans les PME complète le panorama des enveloppes actions.

Articuler compte-titres et stratégie patrimoniale

Le compte-titres ordinaire n’est ni « meilleur » ni « pire » que le PEA en soi : il répond à d’autres contraintes. Une stratégie patrimoniale cohérente peut combiner : épargne de précaution, enveloppes fiscalement efficaces (PEA, PER, assurance-vie selon objectifs) et compte-titres pour une partie du capital que vous acceptez d’imposer au régime du PFU ou du barème, ou pour des titres qui ne rentrent pas dans le PEA.

Concrètement, les étapes souvent utiles sont :

  1. Clarifier l’horizon et la capacité à encaisser une baisse des marchés (volatilité, besoin de liquidités).
  2. Remplir en priorité les enveloppes dont la fiscalité correspond à vos objectifs long terme (retraite, transmission, actions européennes).
  3. Affecter au compte-titres la part de portefeuille pour laquelle vous assumez la flat tax ou le barème, avec suivi des prix de revient.
  4. Réviser chaque année la répartition et les options fiscales (case 2OP, etc.) après mise à jour des barèmes : les recherches 2025-2026 montrent l’importance de suivre l’évolution du PFU.
  5. Documenter achats, ventes et revenus distribués pour la déclaration.

Pour des exemples de répartition de capital entre supports, nos guides comment investir 50 000 euros et allocation d’actifs et performance peuvent servir de base de réflexion, adaptée à votre profil.

En résumé

  • Le compte-titres ordinaire est le support « standard » des investissements boursiers : pas d’exonération générale de droit sur les plus-values comme dans le PEA sous conditions.
  • Le PFU est le régime par défaut pour de nombreux revenus du capital : 30 % jusqu’en 2025 dans la présentation usuelle, puis 31,4 % à partir du 1er janvier 2026 selon les publications officielles citées (vérifier l’année d’imposition de vos revenus).
  • Vous pouvez opter pour le barème si c’est globalement plus favorable (souvent pour les taux marginaux bas).
  • Plus-values et moins-values s’imputent selon les règles du CGI ; conservez vos justificatifs.
  • La déclaration et les cases d’option évoluent : suivez la notice impots.gouv.fr chaque année.

Fabrice Collet : intégrer le compte-titres dans une vision globale

Choisir entre compte-titres, PEA, assurance-vie et autres supports dépend de votre revenu, de votre famille, de votre horizon et de votre tolérance au risque. Fabrice Collet, ingénieur patrimonial, accompagne les épargnants et les dirigeants dans une gestion de patrimoine qui croise fiscalité, investissement, immobilier et transmission, sans promesse de performance.

Pour un premier échange structuré sur votre situation et la place d’un compte-titres dans votre portefeuille, vous pouvez prendre rendez-vous via ce lien Calendly (rendez-vous payant de 100 €, déductible de toute prestation ultérieure selon les conditions affichées au moment de la réservation). Pour comprendre le cabinet, voir aussi qui est Le Patrimoine Bleu.

Foire aux questions

Qu’est-ce qu’un compte-titres ordinaire ?

C’est un compte permettant d’acheter et de vendre des valeurs mobilières hors enveloppe PEA ou assurance-vie. Les gains et revenus distribués y sont en principe soumis au PFU ou au barème selon vos options.

Quel est le taux du PFU en 2026 pour le compte-titres ?

Selon la communication officielle du Service Public Entreprendre (février 2026), le taux global du PFU est de 31,4 % à compter du 1er janvier 2026 (12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux). Les revenus des années antérieures peuvent relever du taux de 30 % : vérifiez l’année d’imposition sur votre déclaration.

Le PEA est-il toujours plus intéressant fiscalement ?

Pour les plus-values sur titres éligibles détenus au moins cinq ans, le PEA peut exonérer l’IR sur la plus-value, ce qui est très différent du compte-titres. En revanche, le PEA a des règles d’éligibilité et un plafond : le compte-titres reste utile pour le reste du portefeuille.

Puis-je choisir le barème au lieu du PFU ?

Oui, sous réserve des conditions d’option globale pour l’ensemble des revenus concernés par le PFU (case 2OP dans la notice de déclaration). Cette option peut être avantageuse si votre taux marginal est faible.

Comment déclarer mes plus-values sur compte-titres ?

Via la déclaration de revenus et les annexes prévues, en vous appuyant sur les relevés de votre établissement et sur la notice officielle de l’année sur impots.gouv.fr.

Les dividendes étrangers sont-ils imposés comme en France ?

Ils sont en général déclarés en France pour un résident fiscal français, avec des mécanismes de crédit d’impôt ou de conventions fiscales selon les pays : situation à analyser au cas par cas.

Où trouver les textes officiels sur le PFU ?

Consultez economie.gouv.fr, service-public.gouv.fr, impots.gouv.fr et legifrance.gouv.fr pour les articles de loi.

Ce contenu est à vocation éducative et ne constitue pas un conseil personnalisé. Les placements en valeurs mobilières comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour toute décision d’investissement ou d’option fiscale, rapprochez-vous de la administration ou d’un professionnel habilité.

La réussite en finance n’est pas un hasard.

Mais un ensemble de BONNES décisions, qui cumulé, vous aiderons à avoir un patrimoine bleu.

Mathieu Caradec

Conseiller en Gestion de Patrimoine

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