La clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance vie

Écrit le 4 décembre 2025

Écrit par Mathieu Caradec

Dans un contrat d’assurance-vie, le bénéficiaire est la personne, ou l’organisme, désigné pour recevoir le capital au décès de l’assuré. Cette désignation n’est pas un détail technique : elle détermine à qui ira l’épargne que vous avez constituée, et dans quelles conditions. Contrairement à une succession classique, le versement au bénéficiaire se fait en dehors de l’héritage, dans un cadre fiscal souvent beaucoup plus avantageux.

Parce que la clause bénéficiaire influence directement la transmission de votre patrimoine, sa rédaction doit être réfléchie, précise et adaptée à votre situation. Choisir un bénéficiaire, c’est organiser dès aujourd’hui ce que deviendra votre capital demain, que ce soit pour protéger votre conjoint, aider vos enfants, soutenir un proche ou transmettre à une association.

L’objectif des sections qui suivent est de vous aider à comprendre qui peut être bénéficiaire, comment le désigner sans erreur, quelles formes peut prendre la clause, et comment la modifier au fil du temps pour qu’elle reste toujours en accord avec vos intentions.

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Qui peut être bénéficiaire ?

En assurance-vie, vous pouvez désigner qui vous voulez : conjoint, partenaire de PACS, enfants, parents, proche, ami… voire une association. Vous pouvez aussi nommer plusieurs bénéficiaires, définir un ordre de priorité ou une répartition précise du capital (ex. 60 % / 40 %).

Cependant, certaines désignations sont interdites, notamment :

  • les professionnels de santé vous ayant soigné dans la maladie à l’origine du décès,
  • les mandataires judiciaires,
  • les ministres du culte,
  • les animaux.

L’essentiel est de choisir des bénéficiaires identifiables (nom, prénom, date de naissance…) pour éviter toute contestation ou difficulté lors du règlement du contrat.

Vous pouvez également prévoir des bénéficiaires « vivants ou représentés » pour garantir la transmission aux petits-enfants en cas de prédécès d’un enfant.

Comment bien rédiger sa clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire doit être claire, précise et adaptée à votre situation. Vous pouvez utiliser la clause standard du contrat (souvent : conjoint → enfants → héritiers), mais une rédaction personnalisée permet d’être pleinement conforme à vos intentions.

Pour bien rédiger votre clause :

  • Identifiez clairement chaque bénéficiaire (nom, prénom, date de naissance, lien).
  • Anticipez les situations familiales : mariage, divorce, naissance, prédécès.
  • Prévoyez la représentation (« vivants ou représentés ») pour éviter qu’une branche familiale soit exclue.
  • Évitez les formulations vagues (« mon ami Jean », « mes voisins »).
  • Évitez les montants fixes (5 000 €, 10 000 €) : le capital évolue dans le temps → privilégiez les pourcentages.

Vous pouvez rédiger la clause :

  • directement dans le contrat,
  • ou via un testament notarié (penser à indiquer les coordonnées du notaire à l’assureur).

Une bonne rédaction = une transmission conforme à vos souhaits, rapide et fiscalement optimisée.

Les différents types de clauses bénéficiaires

Il existe plusieurs manières de rédiger une clause bénéficiaire, chacune offrant un niveau de souplesse différent. La plus courante est la clause standard, déjà intégrée dans la plupart des contrats. Elle prévoit que le capital sera versé d’abord au conjoint ou partenaire de PACS, puis aux enfants vivants ou représentés, et enfin aux héritiers. Cette version convient aux familles dont la situation est simple et stable.

Lorsque cette structure ne correspond pas totalement à vos intentions, une clause personnalisée peut être rédigée. Elle permet de désigner précisément chaque bénéficiaire, qu’il s’agisse d’un membre de la famille, d’un proche ou même d’une association, et de définir la manière dont le capital sera réparti. Cette liberté est utile pour refléter exactement vos choix, notamment en cas de recomposition familiale ou de volonté d’avantager quelqu’un.

Il existe également des clauses offrant davantage de souplesse, comme la clause à options. Elle permet au bénéficiaire, au moment du décès, de choisir entre plusieurs modalités : percevoir tout ou partie du capital, demander une rente ou adapter le versement selon sa situation. Ce type de clause est particulièrement pertinent lorsque l’on souhaite que les proches puissent décider en fonction de leurs besoins futurs.

Enfin, certaines situations patrimoniales nécessitent une organisation plus élaborée, comme la clause démembrée, qui distingue l’usufruitier (souvent le conjoint) du nu-propriétaire (souvent les enfants). Cette configuration permet de protéger un conjoint tout en assurant la transmission du patrimoine au profit des enfants, mais elle doit être mise en place avec un accompagnement professionnel, car elle engage des implications civiles et fiscales spécifiques.

Peut-on modifier la clause bénéficiaire ?

La clause bénéficiaire n’est jamais figée : vous pouvez la modifier à tout moment, et autant de fois que nécessaire, tant que le bénéficiaire n’a pas accepté formellement le contrat. Cette souplesse est essentielle, car une clause qui n’est plus à jour peut contredire vos intentions, par exemple après un mariage, un divorce, une naissance ou un deuil.

La modification est simple : il suffit d’adresser un courrier signé à l’assureur ou, si vous préférez une approche plus juridique, de passer par un testament notarié. L’important est de veiller à ce que les termes soient clairs et que la désignation soit parfaitement identifiable.

Cependant, lorsqu’un bénéficiaire a formellement accepté le contrat, ce qui ne se produit que si le souscripteur, l’assureur et le bénéficiaire ont signé un document d’acceptation, la situation change : la clause devient alors irrévocable. Toute modification ultérieure nécessite l’accord du bénéficiaire acceptant. C’est pourquoi cette acceptation doit être utilisée avec prudence, notamment lorsque l’on souhaite conserver une totale liberté de gestion.

En pratique, il est recommandé de vérifier régulièrement que votre clause correspond toujours à votre situation familiale et patrimoniale du moment. Une simple mise à jour peut éviter des confusions, des conflits entre héritiers ou la perte d’avantages fiscaux.

 

 

Quel contrat d’assurance-vie choisir ?

Mathieu Caradec

Conseiller en Gestion de Patrimoine

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