Dans cet article
L’assurance-vie est un contrat dans lequel vous placez votre argent auprès d’un assureur pour qu’il le fasse fructifier dans le temps. En échange, l’assureur s’engage à verser une somme d’argent :
- à vous, si vous êtes en vie au moment prévu par le contrat,
- ou à la personne de votre choix, si vous décédez avant ce moment.
C’est donc à la fois un produit d’épargne (pour financer un projet, préparer votre retraite, faire grandir votre capital) et un outil de transmission (pour transmettre un capital à vos proches dans un cadre fiscal très avantageux).
L’assurance-vie est un placement flexible, car vous pouvez verser de l’argent quand vous le souhaitez, retirer des fonds à tout moment et choisir librement les bénéficiaires qui recevront le capital en cas de décès.
Besoin d’aide pour choisir votre contrat ? Prenez rendez-vous avec Fabrice Collet pour un bilan personnalisé.
Comment ça fonctionne ?
Lorsque vous ouvrez une assurance-vie, vous commencez par choisir un assureur et effectuer un premier versement. Cela suffit pour créer votre contrat : une enveloppe dans laquelle vous pourrez déposer votre épargne au fil du temps. Vous êtes ensuite libre d’ajouter de l’argent quand vous le souhaitez, régulièrement ou non, sans montant minimum imposé. Le contrat s’adapte ainsi à votre rythme.
Une fois l’argent versé, il est investi selon le niveau de sécurité ou de dynamisme que vous préférez. Une partie peut être placée sur un support très sécurisé appelé « fonds en euros », qui garantit votre capital. L’autre partie peut être investie dans des supports plus performants mais plus risqués, appelés « unités de compte ». Vous pouvez modifier cette répartition à tout moment si vos objectifs changent.
Contrairement à une idée répandue, votre argent n’est pas bloqué. Vous pouvez le récupérer quand vous en avez besoin, en retirant une partie ou la totalité de votre épargne. Le contrat peut également servir à compléter vos revenus grâce à des retraits réguliers ou, si vous le souhaitez, être transformé en une rente versée à vie.
Enfin, si vous décédez, le capital est versé aux personnes que vous avez désignées dans votre clause bénéficiaire. C’est ce qui fait de l’assurance-vie un outil à la fois d’épargne et de transmission.
Les deux grands types de placements
Dans une assurance-vie, votre argent peut être investi de deux manières différentes, qui correspondent à deux niveaux de sécurité. Vous pouvez choisir l’un ou l’autre, ou combiner les deux selon vos objectifs.
Le premier type de placement est le fonds en euros, un support sécurisé qui protège entièrement votre capital. L’assureur garantit que la somme que vous avez déposée ne peut pas diminuer. Chaque année, votre contrat reçoit des intérêts qui s’ajoutent au capital et deviennent définitivement acquis. C’est la solution privilégiée lorsque l’on recherche la stabilité, même si les rendements sont généralement modestes.
Le second type est constitué des unités de compte, qui regroupent différents placements financiers comme des actions, obligations, fonds communs de placement ou supports immobiliers. Leur valeur peut monter ou baisser selon les marchés, ce qui signifie qu’il existe un risque de perte. En contrepartie, ils offrent un potentiel de rendement plus élevé, surtout sur le long terme. Avant d’y investir, il est important de déterminer votre niveau d’acceptation du risque avec votre conseiller.
Ces deux approches ne sont pas exclusives : beaucoup d’épargnants choisissent une combinaison des deux, afin d’équilibrer sécurité et performance. Cette répartition peut être ajustée à tout moment si vos projets ou votre situation évoluent. En savoir plus sur les différents contrats d’assurance-vie.
Fiscalité de l’assurance-vie
La fiscalité lorsque vous retirez de l’argent
Si vous effectuez un retrait avant les huit ans du contrat, les gains retirés sont taxés à un taux forfaitaire global de 30 %, qui rassemble l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Après huit ans, le régime devient beaucoup plus avantageux : les gains sont imposés à 24,7 % si l’ensemble de vos versements est inférieur à 150 000 €. De plus, chaque année, une partie des gains retirés peut être totalement exonérée, grâce à un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule et 9 200 € pour un couple. C’est ce qui fait de l’assurance-vie un excellent outil pour sortir progressivement un complément de revenus, notamment au moment de la retraite.
La fiscalité en cas de décès
La fiscalité appliquée lors du décès est encore plus avantageuse et constitue l’une des raisons majeures pour lesquelles l’assurance-vie est utilisée dans la transmission patrimoniale. Lorsque les versements ont été réalisés avant les 70 ans du souscripteur, chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 152 500 € totalement exonérés de droits de succession. Au-delà, la taxation reste modérée : 20 % jusqu’à 700 000 €, puis 31,25 % au-delà. C’est un régime extrêmement favorable comparé à celui des successions classiques.
Si les versements ont eu lieu après 70 ans, la règle change. Un abattement global de 30 500 € s’applique sur l’ensemble des primes versées, quel que soit le nombre de bénéficiaires. En revanche, les intérêts générés dans le contrat restent entièrement exonérés de droits de succession, ce qui peut représenter une somme importante.
Les situations où vous êtes totalement exonéré
Dans certains cas particuliers, le retrait d’argent sur un contrat d’assurance-vie n’entraîne aucun impôt, même avant huit ans. C’est le cas notamment en situation de licenciement, de mise en retraite anticipée, de liquidation judiciaire ou d’invalidité de 2e ou 3e catégorie. Ces mesures visent à protéger l’épargnant lors d’événements difficiles et à garantir un accès immédiat à son épargne sans pénalité fiscale.
Qui peut souscrire ? La clause bénéficiaire et Le droit de renonciation
La souscription d’une assurance-vie est largement ouverte : toute personne majeure peut ouvrir un contrat librement, que ce soit pour épargner, préparer sa retraite ou organiser sa transmission. Les parents peuvent également souscrire un contrat au nom de leur enfant mineur, afin de constituer une épargne dès le plus jeune âge. Pour les personnes protégées (curatelle, tutelle ou autre mesure), la loi prévoit un encadrement spécifique : la souscription reste possible, mais elle nécessite parfois l’intervention ou l’autorisation du juge pour garantir que l’acte est conforme aux intérêts de la personne.Dans l’ensemble, l’accès à l’assurance-vie est conçu pour être simple et adapté à la majorité des situations familiales.
Un élément central du contrat est la clause bénéficiaire, qui détermine précisément à qui sera versé le capital en cas de décès. C’est un outil de transmission particulièrement puissant, car il vous permet de choisir librement les bénéficiaires, qu’il s’agisse de vos proches, d’un ami ou même d’une association. Vous pouvez nommer une ou plusieurs personnes, organiser la répartition entre elles, prévoir un bénéficiaire « de second rang » si le premier venait à décéder, et surtout modifier ces choix à tout moment si votre situation ou vos intentions changent. Une clause bénéficiaire bien rédigée garantit que le capital sera transmis sans ambiguïté et dans les meilleures conditions fiscales.
Après la signature du contrat, vous conservez également un droit important : la possibilité de vous rétracter. La loi prévoit un délai de renonciation de 30 jours durant lequel vous pouvez annuler le contrat sans avoir à vous justifier. Il suffit d’envoyer une lettre recommandée à l’assureur, qui doit alors vous rembourser intégralement les sommes versées. Ce délai constitue une véritable protection pour l’épargnant : il permet de revenir en arrière si le contrat ne correspond finalement pas à vos attentes ou si les informations fournies au moment de la souscription vous semblent insuffisantes.
Mathieu Caradec
Conseiller en Gestion de Patrimoine
